Le printemps arrive dans les Hautes-Alpes, et avec lui, une vraie bouffée d’oxygène sur le marché de l’emploi local. Gap et ses environs connaissent chaque année un pic de recrutement entre mars et juin, porté par le tourisme, le BTP, l’agriculture et la santé. Mais ce printemps 2026 a quelque chose de particulier : plusieurs secteurs peinent à trouver des candidats, ce qui ouvre des portes à ceux qui cherchent du travail ou une reconversion.
On fait le point sur les métiers qui recrutent, les entreprises en recherche active, et les dispositifs d’aide à l’emploi disponibles sur le bassin gapençais.
C’est le secteur qui recrute le plus massivement au printemps dans les Hautes-Alpes, et 2026 ne fait pas exception. Entre les hôtels, les campings, les restaurants et les activités de plein air, les besoins explosent dès les vacances de Pâques.
Les profils les plus recherchés ? Serveurs, cuisiniers, réceptionnistes, agents d’entretien, moniteurs d’activités sportives. « On commence à chercher dès février, mais on galère vraiment à partir d’avril », confie Stéphane, gérant d’un hôtel-restaurant à Chorges, près du lac de Serre-Ponçon. « L’an dernier, on a dû refuser des réservations faute de personnel en cuisine. »
Les salaires ont légèrement progressé pour attirer les candidats. Un serveur en CDI tourne désormais autour de 1 650 à 1 850 euros net par mois, tandis qu’un cuisinier expérimenté peut négocier entre 2 000 et 2 400 euros net selon l’établissement. Les saisonniers sont souvent logés, un avantage non négligeable vu les loyers en station.
Les candidats intéressés peuvent consulter les offres sur Pôle emploi Gap (devenu France Travail), mais aussi directement auprès de l’UMIH 05 (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie des Hautes-Alpes), qui centralise pas mal de postes.
Le bâtiment et les travaux publics, c’est un peu le thermomètre de l’économie locale. Et là, ça chauffe. Plusieurs chantiers importants démarrent ou reprennent au printemps 2026 dans le Gapençais : rénovation énergétique de bâtiments publics, construction de logements dans le quartier de Fontreyne, aménagements routiers sur la RN85.
Les entreprises du BTP du département cherchent activement des maçons, des électriciens, des plombiers-chauffagistes et des conducteurs d’engins. Le problème, c’est que ces métiers souffrent d’un déficit d’image auprès des jeunes, et les départs en retraite ne sont pas compensés.
« On a trois postes ouverts depuis six mois et zéro candidature sérieuse », raconte Marie-Claire, responsable RH d’une PME de construction basée à Gap. « On est prêts à former des gens motivés, même sans expérience. Un apprenti maçon, on le prend demain matin. »
Côté rémunération, le BTP paie correctement dans les Hautes-Alpes. Un ouvrier qualifié gagne entre 1 800 et 2 200 euros net, et un chef de chantier peut dépasser les 2 800 euros net. Les intérimaires trouvent facilement des missions via Adecco, Manpower et Randstad, tous présents à Gap.
Ce n’est pas nouveau, mais ça s’aggrave. Le secteur de la santé dans les Hautes-Alpes manque cruellement de bras. Le Centre Hospitalier Intercommunal des Alpes du Sud (CHICAS) à Gap recrute en continu : infirmiers, aides-soignants, médecins urgentistes, manipulateurs radio. Les EHPAD du département sont dans la même situation, avec des taux de vacance de postes qui frôlent parfois les 15%.
L’aide à domicile est aussi un secteur en forte demande. Avec le vieillissement de la population haut-alpine — le département compte une proportion de plus de 65 ans supérieure à la moyenne nationale — les associations comme l’ADMR ou l’ADAR recrutent en permanence des auxiliaires de vie.
Sandrine, aide à domicile depuis huit ans dans le secteur de Gap, ne mâche pas ses mots : « C’est un métier dur, mal payé, et les trajets en voiture entre les patients bouffent une partie du salaire. Mais quand on aime le contact humain, c’est gratifiant. Et au moins, on est sûr de ne jamais être au chômage. »
Les salaires restent le point noir du secteur. Une aide à domicile débute à peine au-dessus du SMIC, autour de 1 450 euros net. Les infirmiers s’en sortent mieux avec 2 000 à 2 500 euros net selon l’ancienneté et les gardes. Le CHICAS propose des primes d’installation pour attirer les professionnels de santé — une aide qui peut atteindre 10 000 euros pour certains postes médicaux.
Les vergers du Gapençais et du Laragnais se réveillent en mars, et avec eux les besoins en main-d’œuvre saisonnière. La taille des arbres fruitiers, puis la cueillette des cerises et des abricots à partir de mai-juin, génèrent chaque année des centaines de postes temporaires.
Le maraîchage se développe aussi fortement autour de Gap, porté par la demande en circuits courts et en bio. Plusieurs exploitations cherchent des ouvriers agricoles polyvalents, capables de travailler en plein champ comme sous serre.
Les conditions ? C’est physique, souvent payé au SMIC ou légèrement au-dessus, avec des horaires calés sur la météo et les récoltes. Mais pour des étudiants, des personnes en transition professionnelle ou des travailleurs saisonniers, c’est un bon plan pour quelques mois. L’ANEFA (Association Nationale pour l’Emploi et la Formation en Agriculture) publie régulièrement les offres saisonnières pour le département.
Gap n’est pas une grande métropole, mais la ville bouge. Plusieurs enseignes ont ouvert ou vont ouvrir au printemps 2026, créant des postes de vendeurs, de responsables de rayon et de managers. La zone commerciale Tokoro continue de se développer, et le centre-ville voit aussi des commerçants indépendants s’installer.
Les services à la personne (garde d’enfants, ménage, jardinage) restent aussi un vivier d’emplois sous-exploité. Des plateformes comme O2 ou Shiva recrutent à Gap, souvent en CDI temps partiel avec possibilité d’évoluer vers un temps plein.
Le numérique et le télétravail commencent aussi à changer la donne. Quelques entreprises tech ont choisi Gap pour leur qualité de vie, et des espaces de coworking comme le Tiers-Lieu La Passerelle accueillent de plus en plus de freelances et de télétravailleurs. Ce n’est pas encore un bassin d’emploi numérique, mais la tendance est là.
L’agence France Travail de Gap (ex-Pôle emploi), située avenue du Commandant Dumont, reste le point d’entrée principal pour les chercheurs d’emploi. Au-delà des offres classiques, l’agence propose plusieurs dispositifs qui méritent d’être connus.
La Préparation Opérationnelle à l’Emploi (POE) permet de se former directement chez un employeur avant l’embauche, avec maintien des allocations. C’est particulièrement utilisé dans le BTP et la restauration, où les entreprises acceptent de former des profils motivés mais sans diplôme dans le métier.
Les contrats aidés PEC (Parcours Emploi Compétences) sont aussi mobilisés par les collectivités et les associations du département. La Communauté d’agglomération Gap-Tallard-Durance en propose régulièrement pour des postes dans l’entretien des espaces verts, l’accueil ou la médiation.
Autre dispositif utile : les immersions professionnelles (PMSMP), qui permettent de tester un métier pendant une à quatre semaines sans engagement. Pratique quand on hésite entre plusieurs pistes.
Pour ceux qui veulent changer de voie, le GRETA des Alpes du Sud et le centre AFPA de Gap proposent des formations qualifiantes dans les métiers en tension. Les filières les plus demandées en 2026 : aide-soignant, électricien, cuisinier, conducteur de travaux.
Le financement ? Entre le CPF (Compte Personnel de Formation), les aides régionales de la Région Sud et les financements France Travail, la plupart des formations peuvent être prises en charge à 100%. Il faut s’y prendre tôt par contre — les sessions de septembre se remplissent dès avril-mai.
La Mission Locale des Hautes-Alpes accompagne spécifiquement les 16-25 ans dans leur insertion professionnelle. Basée à Gap avec des permanences dans les vallées, elle propose un suivi personnalisé, des ateliers CV et des mises en relation directes avec les employeurs du territoire.
Parlons chiffres, parce que c’est souvent la question qui fâche. Le salaire médian dans les Hautes-Alpes tourne autour de 1 750 euros net par mois, un peu en dessous de la moyenne nationale (environ 1 850 euros). L’écart se justifie en partie par le coût de la vie légèrement inférieur — même si les loyers ont bien monté ces dernières années, surtout à Gap intra-muros.
Voici un aperçu des rémunérations moyennes par secteur dans le Gapençais :
| Secteur | Poste | Salaire net mensuel |
|---|---|---|
| Tourisme / Restauration | Serveur (CDI) | 1 650 – 1 850 € |
| Tourisme / Restauration | Cuisinier | 2 000 – 2 400 € |
| BTP | Ouvrier qualifié | 1 800 – 2 200 € |
| BTP | Chef de chantier | 2 500 – 2 800 € |
| Santé | Aide-soignant | 1 600 – 1 900 € |
| Santé | Infirmier | 2 000 – 2 500 € |
| Agriculture | Ouvrier saisonnier | 1 430 – 1 550 € |
| Commerce | Vendeur | 1 500 – 1 700 € |
Ces chiffres sont indicatifs et varient selon l’expérience, la taille de l’entreprise et les primes éventuelles.
Quelques pistes concrètes pour maximiser ses chances sur le marché gapençais :
Les cinq secteurs les plus dynamiques en termes de recrutement à Gap au printemps 2026 sont le tourisme et l’hôtellerie-restauration, le BTP (bâtiment et travaux publics), la santé et l’aide à la personne, l’agriculture saisonnière, et le commerce. Le tourisme génère à lui seul plusieurs centaines de postes saisonniers entre avril et septembre dans tout le département des Hautes-Alpes.
Le salaire médian dans les Hautes-Alpes est d’environ 1 750 euros net par mois, légèrement inférieur à la moyenne nationale. Les écarts sont importants selon les secteurs : un ouvrier agricole saisonnier touche autour de 1 450 euros net, tandis qu’un chef de chantier BTP peut dépasser les 2 800 euros net. Le coût de la vie à Gap reste toutefois plus modéré qu’en grande ville.
Plusieurs options s’offrent aux candidats : l’agence France Travail de Gap (ex-Pôle emploi) centralise les offres saisonnières, l’ANEFA gère les postes agricoles, et l’UMIH 05 recense les besoins en hôtellerie-restauration. Les agences d’intérim (Adecco, Manpower, Randstad) à Gap placent aussi beaucoup de saisonniers. Le Forum de l’emploi saisonnier, organisé chaque printemps, est un rendez-vous incontournable.
Le GRETA des Alpes du Sud et le centre AFPA de Gap proposent des formations qualifiantes dans les métiers en tension : aide-soignant, électricien, cuisinier, conducteur de travaux. Ces formations sont finançables via le CPF, les aides de la Région Sud ou France Travail. La Mission Locale accompagne spécifiquement les 16-25 ans. Les inscriptions pour les sessions de septembre ouvrent généralement dès avril.
Oui, plusieurs dispositifs existent : la Préparation Opérationnelle à l’Emploi (POE) pour se former chez un employeur avant embauche, les contrats aidés PEC dans le secteur associatif et public, les immersions professionnelles (PMSMP) pour tester un métier, et des aides à la mobilité (financement du permis B, aide au déménagement). L’agence France Travail de Gap, avenue du Commandant Dumont, renseigne sur l’ensemble de ces dispositifs.